Question de métier
Le tableau à plusieurs coffrets
Un tableau électrique tient rarement dans une seule boîte. Un garage, un étage aménagé après coup, un automate ou un compteur d’énergie : l’installation se répartit sur deux ou trois coffrets, alimentés les uns par les autres. Voici comment on décrit ça sans rien perdre, et ce que ça change pour la planche d’étiquettes.
Pourquoi il y en a souvent plusieurs
Le premier coffret reçoit le disjoncteur de branchement, les interrupteurs différentiels et les disjoncteurs des circuits. Il se remplit vite : dès qu’une extension arrive, on pose un tableau divisionnaire plus près des circuits qu’il dessert, alimenté par une protection du premier. Et le matériel qui n’est pas une protection (compteur d’énergie, délesteur, automate, contacteurs) va volontiers dans un coffret à part, parce qu’il est large et qu’il change plus souvent que le reste.
Le tableau qui sert de jeu d’essai à Mon Tableau Élec est une maison ordinaire. Il compte 58 appareils sur 3 coffrets et 8 rangées :
| Coffret | Rangées | Appareils | Appareil le plus large |
|---|---|---|---|
| Coffret 1 | 3 (dont 1 vide) | 8 | 6 modules |
| Coffret 2 | 4 | 48 | 2 modules |
| Coffret 3 | 1 | 2 | 12 modules |
Le troisième coffret ne porte que deux appareils, mais l’un d’eux est un automate de 12 modules : il occupe à lui seul les deux tiers d’une rangée de 18.
Enveloppe, coffret, armoire : le mot de la norme et celui du chantier
La NF C 15-100 parle d’enveloppe pour tout ce qui contient de l’appareillage. Le coffret en est une espèce, celle qu’on a en maison, accrochée au mur ; l’armoire en est une autre. Dans le code de Mon Tableau Élec, le type s’appelle donc Enveloppe, parce qu’il est générique et qu’il pourra un jour décrire autre chose qu’un coffret mural. Mais à l’écran on ne lit que coffret : c’est le mot qu’un électricien prononce, et une interface qui en emploie deux pour la même chose se fait chercher deux fois.
La filiation traverse les coffrets
Chaque appareil porte le repère de son amont : l’appareil qui le protège. Ce repère est unique dans toute l’installation, pas seulement dans le coffret. Un disjoncteur du tableau divisionnaire alimenté par un interrupteur différentiel du tableau principal se décrit donc exactement comme un disjoncteur posé à côté de son différentiel : par un repère, sans rien dire de la boîte où il se trouve.
La chaîne d’alimentation remonte ces repères de proche en proche, jusqu’au disjoncteur de branchement : DB → I1 → D3. Elle franchit les coffrets sans s’en apercevoir, ce qui est ce qu’on attend d’elle quand on cherche, tableau fermé, quelle protection couper avant d’intervenir.
Deux conséquences suivent. Renommer un différentiel réécrit l’amont de tous ses départs, où qu’ils soient. Et supprimer un coffret ne laisse aucun départ orphelin : ce qu’alimentait un appareil retiré remonte d’un cran, sur l’amont de cet appareil, plutôt que de pointer vers un repère qui n’existe plus. Annuler ramène le coffret, avec ses rangées et sa filiation.
Chaque coffret a ses propres grandeurs
Le pas de module vaut 17,5 ou 18 mm, et la hauteur d’étiquette dépend de la fenêtre du plastron. Ces deux valeurs se mesurent sur le matériel, au réglet, et elles appartiennent au coffret sur lequel on les a mesurées.
Or une installation à plusieurs coffrets mélange presque toujours deux âges de matériel : le tableau d’origine et l’extension posée quinze ans plus tard. Il n’existe alors aucun pas unique à écrire quelque part. Un réglage global rendrait la planche juste sur un coffret et fausse de 9 mm sur une rangée de dix-huit de l’autre, sans un mot.
C’est pourquoi le pas et la hauteur se saisissent coffret par coffret, dans le panneau des coffrets, et pourquoi la valeur saisie l’emporte toujours. Le dialogue d’impression propose bien un pas et une hauteur, mais ce ne sont que des défauts : ils ne servent qu’aux coffrets qui n’en portent pas. À l’écran, chaque coffret est déjà dessiné à son propre pas ; un papier qui écraserait ces valeurs contredirait ce qu’on a sous les yeux.
Les rangées vides existent, et elles se numérotent
Le premier coffret du tableau d’essai a trois rails, et le rail du milieu est vide : la place a été gardée pour plus tard. L’extraction du logiciel de conception numérote donc les rangées 0 et 2, et la rangée 1 est bien là, simplement sans appareil.
Ne supprimez pas une rangée vide pour faire propre. Elle est présente dans le coffret, et son bandeau d’étiquettes aussi. La retirer décale tous les bandeaux suivants d’un cran à la pose : la bande de la troisième rangée se retrouve glissée dans la baguette de la deuxième.
Mon Tableau Élec garde donc les rangées vides, les compte comme des rangées, et l’assistant de démarrage crée d’emblée toutes les rangées d’un coffret, garnies ou non. Une rangée vide s’imprime aussi, avec son titre et sa bande, pour la même raison.
Une planche par coffret, chaque bande avec son calibre
La planche d’étiquettes sort en PDF vectoriel, en millimètres, et elle est organisée par coffret : les bandes d’un coffret sont dessinées avec le pas et la hauteur de ce coffret-là, jamais avec ceux du voisin. En tête de chaque page, le nom du coffret puis son calibre : le nombre de rangées, le nombre de modules, la largeur de module et la hauteur d’étiquette telles qu’elles ont servi au dessin. Le calibre est écrit hors de la zone de coupe : il reste sur la chute, et on le vérifie au réglet avant de découper.
Le nombre de modules qu’une bande tient d’un seul tenant dépend du papier et du pas. Une bande ne se replie qu’entre deux appareils, jamais au milieu d’un : une étiquette coupée en deux ne se glisse pas dans une baguette.
| Papier (paysage) | Largeur utile | Pas de 17,5 mm | Pas de 18 mm |
|---|---|---|---|
| A4 | 277 mm | 15 modules | 15 modules |
| A3 | 400 mm | 22 modules | 22 modules |
Une rangée de 18 modules ne tient pas en A4 paysage, quel que soit le pas : elle se replie sur une seconde bande, et la planche le signale. L’A3 la prend d’un seul tenant. Avec trois coffrets, on peut très bien tirer le premier en A3 et les deux autres en A4.
Ce qu’un format à liste plate perd
Le format d’échange le plus répandu pour les étiquettes de tableau décrit un projet comme une liste plate de rangées, avec un seul nombre de modules par rangée, un seul pas et une seule hauteur pour tout le projet. Il n’y a pas de coffret dedans. Ce n’est pas un oubli, c’est une forme : elle convient très bien à un tableau d’un seul tenant, et elle ne sait rien dire d’un tableau qui en a trois.
Mon Tableau Élec lit ce format, pour qu’un tableau déjà saisi ailleurs n’ait pas à être ressaisi. À l’import, tout arrive dans un seul coffret : le fichier ne porte pas la structure, personne ne peut la deviner. Les rangées sont là, la filiation aussi puisqu’elle tient aux repères ; les coffrets sont à recréer et les rangées à y redistribuer. Il ne s’écrit pas dans ce format : ce qu’il perdrait en chemin (les coffrets, les demi-largeurs, un pas par coffret) est précisément ce pour quoi il existe.
Le format natif de Mon Tableau Élec, lui, garde tout : les coffrets, leur ordre, leurs grandeurs, leurs rangées vides, et le modèle d’étiquette. C’est la raison pour laquelle il existe. Un fichier qu’on enregistre dans ce format se rouvre avec ses trois coffrets à leur pas, et sa planche se tire sans rien ressaisir.
Ce que Mon Tableau Élec en fait
Le coffret est la première chose qu’on décrit : combien, avec combien de rangées et de modules par rangée, à quel pas. Le panneau des coffrets permet ensuite d’en ajouter, d’en renommer, d’en réordonner, de leur ajouter ou retirer des rangées, avec un compte des appareils emportés avant toute suppression. Tout passe par le même historique : annuler ramène un coffret supprimé.
La filiation, la recherche et l’équilibre des phases regardent l’installation entière ; la planche et les grandeurs regardent le coffret. C’est le partage qui correspond au tableau réel : les circuits ne s’arrêtent pas au bord de la boîte, les millimètres, si.
Ouvrir l’applicationGratuit, sans compte, rien à installer. Les coffrets se décrivent dès la première ouverture.