Question de métier
Pas de module : 17,5 ou 18 mm ?
Les deux valeurs existent, elles se ressemblent, et rien sur un coffret ne dit laquelle vous avez. La différence est d’un demi-millimètre par module, ce qui ne se voit sur aucune étiquette prise isolément et se voit très bien sur une bande de dix-huit. Voici comment mesurer la vôtre, et ce que ça change.
Ce qu’est le pas de module
Un appareil modulaire se compte en modules : un disjoncteur 1P+N en fait un, un interrupteur différentiel bipolaire en fait deux, un automate peut en faire douze. Le pas est la largeur d’un de ces modules sur le rail, donc la distance qui sépare un appareil du suivant.
C’est aussi, et c’est là que ça compte, la largeur d’une étiquette. Une planche d’étiquettes n’est rien d’autre qu’une suite de rectangles de la largeur d’un module, ou de deux, ou de douze. Si le pas retenu pour la planche n’est pas celui du coffret, chaque étiquette est décalée d’un peu plus que la précédente.
Le pas ne se déduit pas du nombre de modules par rangée : deux coffrets annoncés « 18 modules par rangée » n’ont pas forcément la même largeur d’ouverture.
D’où viennent les deux valeurs
- 17,5 mm : la largeur de module de la DIN 43880, la norme allemande qui décrit les dimensions des appareils modulaires. C’est le pas des matériels anciens.
- 18 mm : la valeur moderne, celle que porte le matériel courant aujourd’hui.
Un demi-millimètre d’écart. Sur un module, personne ne le voit. Le tableau ci-dessous montre ce que ça devient quand on additionne.
| Modules | Pas de 17,5 mm | Pas de 18 mm | Écart |
|---|---|---|---|
| 1 | 17,5 mm | 18 mm | 0,5 mm |
| 6 | 105 mm | 108 mm | 3 mm |
| 10 | 175 mm | 180 mm | 5 mm |
| 13 | 227,5 mm | 234 mm | 6,5 mm |
| 18 | 315 mm | 324 mm | 9 mm |
Sur une rangée pleine de dix-huit modules, l’écart vaut 9 mm, soit la moitié d’un module : la dernière étiquette d’une planche calculée au mauvais pas tombe à côté de l’appareil qu’elle désigne.
Comment mesurer le pas de votre coffret
Au réglet, tableau fermé : une largeur se relève sur le plastron, il n’y a rien à ouvrir. Et surtout, sur le plus grand nombre de modules possible.
- Repérez une rangée pleine, sans emplacement libre ni obturateur entre les appareils, et comptez ses modules.
- Posez le réglet en travers de la rangée, du bord gauche du premier module au bord droit du dernier.
- Divisez la mesure par le nombre de modules.
Sur dix modules, la réponse se lit sans hésiter : 175 mm pour un pas de 17,5, 180 mm pour un pas de 18. Cinq millimètres d’écart, il n’y a rien à interpréter.
Ne mesurez jamais un seul module. L’écart à trouver y vaut 0,5 mm, c’est-à-dire l’ordre de grandeur de votre erreur de lecture et du jeu entre deux appareils clipsés : la mesure ne tranche rien. Sur dix modules, l’écart est dix fois plus grand et l’erreur de lecture, elle, n’a pas bougé.
Si la rangée est incomplète, mesurez sur la plus longue suite d’appareils jointifs et divisez par leur nombre de modules, pas par le nombre d’appareils : un différentiel bipolaire compte pour deux. En dernier recours, la fiche technique du coffret donne ses dimensions.
Ce qu’un mauvais pas coûte sur la planche
Rien sur la première étiquette, et c’est exactement le problème : l’erreur s’accumule au lieu de sauter aux yeux. Une planche calculée à 18 mm posée sur un coffret au pas de 17,5 commence juste, dérive de 3 mm à la sixième étiquette et de 9 mm à la dix-huitième. On s’en aperçoit après avoir découpé.
C’est la raison pour laquelle une planche se vérifie au réglet sur la feuille, avant le massicot : il suffit de mesurer la largeur totale d’une bande et de la comparer au calibre annoncé.
Le format de papier suit le pas
Une rangée de dix-huit modules à 18 mm fait 324 mm de large. Une feuille A4 en paysage fait 297 mm ; avec 10 mm de marge de chaque côté, il reste 277 mm utiles. La bande ne tient pas. Au pas de 17,5 elle fait 315 mm : elle ne tient pas davantage.
Il reste donc deux issues, et une seule est bonne. L’A3 en paysage (420 mm, soit 400 mm utiles) accueille la bande entière. Replier la bande sur deux lignes, à l’inverse, coupe des étiquettes en deux, et une étiquette coupée en deux ne se glisse pas dans une baguette : c’est le grief de l’issue #38 du dépôt public pantaflex44/Tiquettes.
Le millimètre de la hauteur
Le pas gouverne la largeur ; la hauteur d’étiquette est l’autre grandeur qui appartient au coffret, et elle a son piège de terrain. Les charnières du plastron masquent le bas des étiquettes : retirer 1 mm à la hauteur calculée suffit à ce que rien ne disparaisse dessous.
Pourquoi le pas appartient au coffret
La question a été tranchée ailleurs avant de l’être ici. Dans l’issue #39 du dépôt pantaflex44/Tiquettes (29 septembre 2025), l’auteur refuse qu’un thème d’étiquette porte la hauteur :
« la hauteur des étiquettes ne doit pas dépendre d’un thème mais de l’emplacement dédié sur l’enveloppe constructeur. […] Le thème devrait s’adapter à cette hauteur »
Le sens de la dépendance est celui-là, et il vaut pour le pas comme pour la hauteur : le coffret impose, le modèle d’étiquette s’adapte. Un pas rangé dans un modèle d’étiquette se laisserait écraser au moment d’imprimer, et de toute façon une installation qui mélange deux âges de matériel n’a aucun pas unique à écrire quelque part.
Et pourquoi la planche se calcule en millimètres
Un générateur qui imprime par le navigateur mélange les millimètres et les pixels, et le mélange dérive. Un pixel CSS vaut 25,4/96 de millimètre, soit environ 0,26 mm : une bordure d’un pixel par module coûte déjà 4,8 mm sur une rangée de dix-huit. L’issue #8 du même dépôt relève 7 mm d’écart mesurés sur dix modules imprimés de cette façon.
Une planche juste se construit donc directement en millimètres, dans un PDF vectoriel, sans repasser par la mise en page d’un navigateur.
Ce que Mon Tableau Élec en fait
Le pas est une propriété du coffret, saisie coffret par coffret, avec sa hauteur d’étiquette. Une installation qui mélange un tableau ancien et une extension récente décrit deux coffrets et deux pas, sans compromis à trouver.
Le dialogue d’impression propose bien un pas, mais ce n’est qu’un défaut, et il ne sert qu’aux coffrets qui n’en portent pas : la valeur saisie sur le coffret l’emporte toujours. Un réglage global qui écraserait un pas mesuré sur le matériel rendrait une planche fausse de 9 mm sur une rangée de dix-huit, sans un mot.
La planche sort en PDF vectoriel, construite en millimètres. Une page correspond à un coffret, et elle porte en tête son calibre : le nombre de rangées, le nombre de modules, la largeur de module et la hauteur d’étiquette, telles qu’elles ont servi à la dessiner. Le calibre est écrit hors de la zone de coupe, donc il reste sur la chute et sert à vérifier au réglet avant de découper. Si la mesure ne tombe pas juste, ce n’est plus le pas qui est en cause, c’est le pilote d’imprimante qui a mis à l’échelle.
À l’écran, enfin, la largeur d’une case ne dépend pas de la taille de l’écran : elle suit le pas du coffret, à une échelle constante et proportionnée. Un libellé qui déborde se voit donc avant l’impression, et non après.
Ouvrir l’applicationGratuit, sans compte, rien à installer. Le pas se règle dans le panneau des coffrets.